L’histoire de Pineau de Ré, le gagnant français du Grand National de Liverpool

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Crédit photo : Jean-Charles Briens

Course d’obstacles la plus populaire d’Angleterre avec un rayonnement planétaire, le Grand National de Liverpool est synonyme de démesure. 7 200 mètres à parcourir, 30 obstacles à franchir, 40 chevaux au départ dont un concurrent né et élevé à St-Denis-d’Anjou en Mayenne. Retour sur l’histoire de Pineau de Ré.

75 000 personnes ont assisté samedi 5 avril à l’exploit réalisé par un petit cheval mayennais sur l’hippodrome anglais d’Aintree lors du populaire Grand National de Liverpool. Cette course impressionnante, suivie par 9 millions de personnes à la télévision anglaise, a été l’évènement le plus « google-isé » en 2013 outre-Manche ! 

Pineau de Ré a su éviter la chute et s’imposer devant ses trente-neuf adversaires. Seuls dix-huit ont terminé la course, car beaucoup d’entre eux ont chuté, mais tous sont rentrés à leur box indemnes. Le lauréat a 11 ans et n’a jamais couru en France. Michel Hardy, son éleveur raconte l’arbre généalogique du fils de Maresca Sorrento : « Sa mère Elfe du Perche faisait partie de notre élevage. D’ailleurs Pineau de Ré compte aussi dans sa famille un certain Otage du Perche, élu meilleur cheval de l’année 86. C’est son grand-oncle. Mais jusqu’alors Pineau de Ré n’avait jamais autant brillé que lui !». 

Philippe Hardy, son fils a repris l’élevage légué par son père depuis une dizaine d’années. Pineau a donc suivi Michel Hardy, quand l’ancien entraîneur a décidé de se retirer sur l’île de Ré pour préparer des jeunes chevaux et leur faire profiter de l’air iodé lors de leurs repos. « Nous avons pré-entraîné Pineau. En  2006, au début de son année de 3 ans, nous avons décidé de le passer aux ventes aux enchères Arqana à St-Cloud. Le cheval a été acheté par un propriétaire irlandais 20000€», explique l’éleveur. Il n’a donc jamais couru en France. 

Exporté en Irlande

Le poulain traverse la Manche mais bien qu’il soit loin des yeux, il n’en reste pas pour autant loin du cœur. «Je suivais ses résultats sur le Racing Post. Il a couru plusieurs fois en Irlande montrant de belles prétentions. Il termine même 2e d’un groupeI », se rappelle Michel Hardy. « Les bons jockeys anglais commençaient à vouloir le monter c’était un bon signe », ajoute-t-il pas peu fier. Lorsque fin 2013, il s’impose par 23 longueurs tous les espoirs sont permis. Entre temps, Pineau de Ré a encore changé de pays, puisqu’il a été acheté en 2011 par un entraîneur amateur anglais. «Il a réussi à tirer le quintessence du cheval et l’a fait monter en gamme », avoue Michel Hardy. Mais lorsqu’il y a un mois, il apprend que son poulain est engagé dans le Grand National de Liverpool, il a du mal à y croire. « Il venait de s’imposer facilement, certes, mais ce n’était pas le même genre d’obstacles ni de concurrents », reconnaît l’éleveur. 

L’éleveur s’en est voulu

Des amis du Lion-d’Angers font le déplacement à Liverpool pour voir Pineau de Ré courir. Son éleveur, non. « Je n’avais pas envie d’y aller pour le voir tomber ou se blesser », confie avec regret Michel Hardy. Car samedi dernier à 17h15 quand Josephine Sharp, une collègue anglophone l’appelle pour lui annoncer la bonne nouvelle, il n’en croit pas ses oreilles. « Je pensais pouvoir regarder la course en direct sur Equidia mais ils ne l’ont pas retransmise, alors là je m’en voulais vraiment car je n’ai rien vu de son exploit ! Il gagne par cinq longueurs en plus !».

Quelques jours après la victoire, l’éleveur avoue « être troublé » rappelant que le rôle d’éleveur est ingrat. « On part sur le rêve mais il faut beaucoup de patience et de chance pour voir son cheval triompher. Alors quand il y a quarante chevaux au départ, comme lors du Grand National de Liverpool, la victoire est un signe de la providence! ». Il ajoute même, non sans humour : « Dieu me rend une partie de l’argent (42 000€ de gains, NDLR) que les chevaux m’ont pris au cours de ma carrière ! ». L’éleveur et ancien entraîneur français a connu une carrière avec des hauts et des bas mais sa passion pour les chevaux aura donné raison à sa détermination. 

Marion Dubois

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Michel Hardy présente Tagada de ré (alzane) et Tosca de Ré (bai) fille de Ninon de ré.

 

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