Thierry Lemer « : « Je n’ai pas envie de perdre ma vie à la gagner !»

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L’entraîneur du sud-ouest a réalisé la plus belle saison de sa carrière en 2013. Thierry Lemer a la taille d’un jockey mais la grandeur d’un entraîneur. Discret, il sait donner leur chance à ceux capables de la saisir. Celui qui a toujours fait ce qu’il a envie de faire a pourtant connu une cessation d’activité. Mais depuis trois ans, Thierry Lemer ne cesse de s’illustrer, il se livre avec passion sur son métier.

Comment expliquez-vous votre réussite de ces dernières années ?

Pour avoir un bon coefficient de réussite, il ne faut pas un grain de sable dans l’engrenage. J’ai une bonne équipe de quinze personnes qui réalise un travail constant. L’évolution de Matthias Lauron au sein de l’écurie a aussi participé à notre réussite. J’ai aussi eu la chance d’avoir des chevaux utiles qui, en fonction de leur niveau et des engagements, ont réussi à s’illustrer régulièrement.

D’où tenez-vous votre passion pour les courses hippiques ?

Grâce à Léon Zitrone qui commentait les courses à la télé ! Mes parents ne connaissaient pas du tout le milieu des courses. Mon père était transporteur, ma mère travaillait dans une station service. Mais nous habitions Nantes où nous allions de temps en temps à l’hippodrome du Petit-Port. À 14 ans, je mesurais 1m57, alors on m’a proposé d’être jockey !

Comment se sont déroulés vos débuts comme jockey ?

J’ai monté tardivement en course, vers mes 18 ans. J’étais apprenti chez Jacques de Chevigny mais je ne montais pas suffisamment à mon goût. J’ai décidé de m’essayer à l’obstacle pour avoir plus de montes. Très vite, la province m’a manqué. Pas à l’aise à Paris, j’ai décidé d’aller à Mont-de-Marsan au service de la famille Boutier. J’ai passé 9 ans dans le sud-ouest sans compter mes trois ans chez Henri-Alex Pantall, à Beaupréau (49) et mes 10 ans à Nort-sur-Erdre près de Nantes.

Quand avez-vous décidé de devenir entraîneur ?

En 1993. J’ai obtenu ma licence en 15 jours puis j’ai décidé de m’installer à La Teste, d’où ma femme est originaire. Je me suis dit que s’il fallait ramer, il valait mieux que ce soit au soleil !

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

J’ai pu vivre des hauts et des bas mais je peux dire aujourd’hui que j’ai fait de ma passion mon métier. J’ai toujours fait ce que j’avais envie de faire ! Je compte bien ne pas perdre ma vie à la gagner. Je ne regrette rien.

Même vos moments difficiles ?

Non plus. Lorsque j’ai failli arrêter mon activité il y a 8 ans, je n’avais plus que quatre chevaux à l’entraînement mais j’ai gardé espoir. C’était une réalité économique, il fallait faire avec. Je ne suis pas devenu aigri pour autant.

Qu’est-ce qui vous a permis de rebondir ?

J’étais en cessation d’activité quand sept ou huit chevaux ont rejoint mes boxes car un entraîneur avait, lui, vraiment mis la clé sous la porte. Parmi ces nouveaux arrivants, il y avait Chopastair. Il a relancé la machine en s’imposant dans des listeds et des groupes III. Le malheur des uns fait le bonheur des autres…

À 54 ans, comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

Si cela pouvait continuer ainsi cela m’irait très bien ! J’ai la chance d’avoir la confiance de 33 propriétaires, d’entraîner une cinquantaine de chevaux dans un environnement idéal. Je pense qu’être entraîneur est un métier d’expérience, avec la mienne longue de 40 ans, je vais en tirer la quintessence !

Propos recueillis par Marion Dubois

 

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