Charles Gourdain, un entraîneur multicartes

charles-gourdain

Installé à Pau depuis 2001, Charles Gourdain a la particularité de présenter des chevaux aussi bien en plat qu’en obstacle. En tête du classement des entraîneurs de plat pour ce meeting palois, son écurie s’améliore d’année en année. Cette ascension est le fruit d’un travail d’équipe.

« Derrière chaque grand homme se cache une femme ». L’adage est connu mais se vérifie à l’écurie de Charles Gourdain. Sa femme, Florence, joue un rôle essentiel dans l’activité de l’entreprise. « J’insiste, elle est très impliquée dans mon travail. Elle gère la communication, le côté administratif. C’est un aspect du métier d’entraîneur oublié mais pourtant primordial. Et il vaut mieux être bien assisté», explique l’entraîneur. Lorsqu’il s’installe, seul, ou plutôt en couple en 1998 avec deux chevaux, Charles Gourdain en a déjà conscience. En 2001, le binôme décide de s’installer sur le centre d’entraînement de Sers, près de Pau. « Grâce à mon stage chez Jean-Claude Rouget j’avais découvert les pistes », explique-t-il. La qualité des infrastructures et la région les séduisent.

Originaire de Compiègne, avec un père vétérinaire équin et gentleman rider, un grand-père cavalier, Charles Gourdain est du sérail. Pourtant, ses parents ne le poussent pas à embrasser la carrière d’entraîneur de chevaux de course. « J’étais littéraire. Mes parents m’ont encouragé à suivre des études, j’ai même réalisé une année hypokhâgne (classe littéraire préparatoire aux grandes écoles, NDLR) », révèle le Compiégnois. Mais ce dernier a contracté ce qu’il appelle « le virus des courses ». « J’avais envie de vivre avec les chevaux au quotidien. Je ressens une attirance mystérieuse pour le cheval. Pour sa beauté, son courage et ce qu’il nous rend », avoue Charles Gourdain. D’après l’entraîneur, les chevaux lui ont tout donné. Pour preuve, il se classe meilleur entraîneur de plat du meeting de Pau avec six victoires. « Je m’attendais à ce que mes chevaux soient performants…», glisse-t-il. Certains de ses pensionnaires affectionnent tout particulièrement la piste du Pont-Long  cette année.

Si Charles Gourdain connaît une belle réussite, aussi bien en plat qu’en obstacle, c’est le fruit d’un long travail de sélection. A 44 ans, le professionnel a désormais l’expérience pour choisir ses chevaux. « J’ai appris à mes dépens à ne pas m’obstiner avec des chevaux qui n’en valent pas la peine : en gardant des chevaux limités, on gaspille du temps, de l’énergie et l’argent de ses propriétaires », affirme-t-il. Les propriétaires sont le charbon du train à vapeur que sont les courses hippiques. Sans eux, la machine s’arrête. Charles Gourdain en a bien conscience et avec l’aide de sa femme, il prend le temps d’expliquer son métier, d’informer sur les engagements,  d’accompagner les propriétaires… « Je souhaite être patient avec mes chevaux pour les laisser progresser en douceur. Mais, ce n’est pas toujours évident pour un propriétaire d’entretenir un cheval sans retour sur investissement », confirme-t-il. « Surtout dans un contexte économique où il est difficile d’attendre. Et dans un pays où être chef d’entreprise relève d’un gymkhana administratif et financier ». Cela ne l’empêche pas de gérer la carrière d’une soixantaine de chevaux tout au long de l’année. En 2013, des élèves tels Vieux Frère, Zaliapour et Dupontal lui ont apporté de belles satisfactions.

Entraîneur « multicartes », Charles Gourdain a un objectif en tête : améliorer l’image des courses. « Je souhaiterais que les néophytes comprennent que les chevaux ne sont pas que des numéros. Il y a des propriétaires, des éleveurs, des cavaliers d’entraînement qui prennent des risques pour vivre leur passion et permettent aux courses d’exister », conclut-il.

Marion Dubois

Florence Gourdain à l’origine de deux écuries de groupe

En 2010, Florence Gourdain crée l’écurie Pur-sang d’Aliénor qui regroupe désormais 70 actionnaires qui possèdent cinq chevaux. « Je me suis rendue compte que les gens étaient très intéressés mais surpris à la fois. D’autant plus que le monde hippique leur paraissait inaccessible », explique la femme de l’entraîneur. L’écurie de groupe a vécu de belles émotions dès 2011 avec Prince d’Aliénor qui s’est imposé dans le sud-ouest mais aussi en région parisienne. Forte du succès de la première écurie de groupe, Florence en a crée une deuxième nommée Traditia Racing Club en collaboration avec TRADITIA (cabinet de gestion de patrimoine bordelais) et qui rassemble 40 actionnaires. Le couple Gourdain s’accorde pour dire que « les écuries de groupe sont un bon vecteur pour améliorer l’image des courses françaises et faire connaître notre sport». Un même objectif pour un travail d’équipe.

M.D

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :