Marc Nicolau : « Yanky Sundown est un chic cheval !»

Marc Nicolau et Yanky Sundown  (photo : Marion Dubois)

Marc Nicolau et Yanky Sundown
(photo : Marion Dubois)

Marc Nicolau présente Yanky Sundown au départ du Grand cross de Pau, dimanche. Installé à Mont-de-Marsan, avec une vingtaine de chevaux, Marc Nicolau n’est pas un entraîneur comme les autres. Reportage dans ses écuries à quelques jours du Jour J.

Curieux, Yanky Sundown sort la tête de son box. « Il ne faut pas faire attention, c’est le plus mal tondu de l’écurie », prévient l’entraîneur. Ce hongre de 9 ans est pourtant très gentil mais déteste se voir ôter le poil en haut de l’encolure. Le protégé de Marc Nicolau s’alignera donc au départ du Grand Cross de Pau avec un col roulé. « C’est un chic cheval mais au caractère électrique, quand il est en colère, il le fait savoir », avoue son entraîneur. Dimanche, il va justement devoir faire des étincelles pour affronter Toutancarmont ou Malbereaux. « Nous savons que ce sont les épouvantails de la course mais si on est 5ème on sera déjà très content », explique-t-il. En effet, si Yanky Sundown termine au moins à la cinquième place, il se hissera alors à la deuxième place du championnat de France de cross-country. « C’est un beau challenge que Yanky est prêt à relever. Le seul bémol concerne l’état du terrain car il est plus à l’aise en bon terrain », confirme son mentor.

Il le connaît déjà par cœur et pourtant le hongre a rejoint ses boxes en 2012. Son propriétaire avait décidé de le mettre en location, avec sa sœur, chez Marc Nicolau. La sœur s’annonçait encore plus prometteuse mais elle s’est accidentée en course, à Enghien. « Yanky me faisait penser à Galopin de Beaulieu, un cheval au même propriétaire qu’il m’avait confié quelques années plus tôt. Et qui m’avait apporté de belles satisfactions en cross », se remémore l’entraîneur. Ce dernier a fait du cross sa discipline de prédilection, car selon lui « la concurrence est moins rude avec les grandes écuries ». Les débuts sur l’obstacle n’ont pas été formidables pour Yanky Sundown. En se précipitant à sauter, le cheval est tombé. D’après son entraîneur cela l’a « déclenché », puisqu’il n’a plus jamais trébuché. Sauf, le 9 novembre dernier à Compiègne. « Mais encore une fois cela lui a rappelé qu’il n’était pas infaillible. La course suivante, il s’est très bien comporté », note Marc Nicolau.

Des périodes de traversée du désert

 

Originaire du Pays Basque, l’entraîneur sait de quoi il parle. Pourtant, son savoir il l’a appris au fil de ses erreurs. En faisant ses armes dans le concours complet, l’homme a pris goût au dressage des chevaux. Mais comme « la discipline ne nourrissait pas son homme », il a tenté sa chance comme jockey. Pas évident de passer d’une discipline à l’autre, alors le Basque décide d’entraîner ses propres chevaux s’il veut avoir l’opportunité d’enfiler les couleurs. « J’ai commencé avec 4-5 chevaux à Biarritz, où j’entraînais sur la plage », se rappelle-t-il. Puis, il fait ses valises pour Pau où il s’installe quelques mois avant de migrer vers l’Ouest, près d’Angers.

Marc Nicolau apprend d’Henri Bidon quelque chose d’important : ne pas avoir de propriétaires. Il ajoute : « C’est sûr cela demande d’avoir les reins solides financièrement mais c’est un choix de vie. Je préfère choisir moi-même les engagements de mes chevaux et faire ce que je veux ». Il le reconnaît aisément cela n’a pas toujours été facile, « j’ai connu des périodes de traversée du désert, comme il y a six ans. J’ai dû trouver un autre emploi. J’étais transporteur équin mais je continuais à entraîner mes chevaux. J’ai travaillé jour et nuit pendant deux ans », avoue celui qui n’a jamais eu de patron. Marc Nicolau a toujours travaillé pour lui, même si cela demande quelques sacrifices…

« Si c’était à refaire, je ne recommencerais probablement pas. J’ai sans doute perdu beaucoup de temps et j’ai dû faire beaucoup d’erreurs avant de savoir ce que je sais maintenant », confie-t-il. Son plus gros regret ? « Ne pas pouvoir essayer plus de jeunes chevaux. Lorsque l’on a un petit effectif comme le mien, on récupère les poulains que les grosses écuries ont laissés dans les champs. On a alors moins de chance de tomber sur un crack », explique l’entraîneur avec lucidité. Mais à force d’observation, de patience et de persévérance, Marc Nicolau a pourtant réussi à faire partie du paysage des courses françaises. « Pourtant, je suis né le lendemain du jour de chance… », conclu-t-il en plaisantant.

Marion Dubois

Christophe Corduan, des salles de sport aux hippodromes

Christophe Corduan est le partenaire de Yanky Sundown. A quelques jours du Grand Cross, le jockey se montre détendu. « Je suis serein, le cheval est bien, je le connais par cœur », confie Christophe Corduan, 31 ans. Professeur de sport au centre AFASEC de Mont-de-Marsan, le jeune homme montait régulièrement en course. « Je collaborais depuis longtemps avec Marc, mais il m’a embauché, il y a deux ans environ ». Son patron ne tarit pas d’éloge à son sujet : « C’est quelqu’un de calme, très discret. Sa monte correspond tout à fait à mes chevaux de cross. Il est très cavalier », explique l’entraîneur. Dimanche, Christophe Corduan montera pour la première fois de sa vie le Grand Cross de Pau.

M.D

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :