Camille Levesque : « Depuis le Cornulier 2013, je pense à cette nouvelle édition… »

Dans la famille Levesque, voici la fille. Camille, 25 ans, sera associée à Quarry Bay. Mais au départ du prix du Cornulier (groupe I), son frère, Thomas sera aussi présent en selle sur Ulysse. Ils ont tous les deux les moyens de s’imposer. Assisterons-nous à un duel entre frère et sœur Levesque ?

Camille Levesque entourée par son père et son frère.

Camille Levesque entourée par son père et son frère.

Vos premiers pas dans le milieu sont liés à votre famille, mais pas seulement. Racontez-nous comment vous avez appris à monter ?

Mon histoire est liée à celle d’une ponette, Adrienne. Lorsque j’avais 3 ans mes parents l’ont récupérée, elle avait le même âge que moi. Elle s’était enfuie près de Grosbois, et son propriétaire voulait l’envoyer à la boucherie. Mes parents ont pensé à moi et l’ont sauvée. Avec elle, j’ai fait mes premiers concours hippiques, mes premières courses de poneys. Elle a aujourd’hui 25 ans, comme moi.

Lorsque l’on est la fille de Pierre Levesque, est-ce inévitable d’évoluer dans le métier ?

C’est vrai que cela a toujours été une évidence. Il paraît que petite, je reconnaissais les chevaux dans la cour et savait qui était qui. Comme mon père a toujours eu de la réussite, je pense que cela a favorisé notre goût pour ce sport.

Pourtant, vous n’avez pas suivi un parcours classique, vous n’avez votre licence professionnelle que depuis 1 an et demi, n’est-ce pas ?

Oui car mes parents m’ont toujours conseillé de continuer mes études pour acquérir un bagage suffisant pour anticiper la suite de ma carrière. De plus, c’est un métier très difficile pour une femme, j’ai préféré suivre des études dans le commerce.

Comment vous organisiez-vous pour allier étude et compétition ?

Pendant mon IUT puis mon école de commerce, je montais à l’entraînement soit le week-end ou pendant les vacances scolaires. En course, je ne pouvais monter que les chevaux entraînés par mon père car je suis fille d’entraîneur. De mes 16 à mes 23 ans, nous avons continué ainsi.

Comment s’est passé votre passage dans le rang des professionnels ?

J’avais peur de ne pas être appelée par d’autres professionnels et que chacun se dise « elle n’est capable que de monter les Levesque ». Mais André Lecourtois a été le premier à me faire confiance. En m’associant à Quart de Dompierre, il m’a lancé au regard des autres entraîneurs.

Le prix Yvonnick Bodin vous a donné de grandes satisfactions. Racontez-nous…

Mon premier succès a été avec Kévisa. C’était la première victoire de ma carrière, et donc ma première parisienne. C’était un grand moment ! Kévisa était ma petite chouchoute. J’avais débuté avec, mais on abordait cette course sans prétention, sans être favoris. Alors qu’avec Quarrybay en 2012, nous étions plus confiants pour gagner. Mais elle m’a fait tellement plaisir que ce n’est pas ma plus belle victoire avec elle.

Comment vos chemins se sont-ils croisés avec cette jument ?

Au début je ne la montais pas. C’était la jument de mon frère, Thomas. Mais une fois, il était pris et je suis allée la monter à Montier-en-Der pour sa rentrée. 15 jours après, elle avait une course à Vincennes. Mon frère étant à pied, mon père m’a associé à Quarry Bay. Les courses suivantes c’était soit lui, soit moi qui la menions. Mais les grandes échéances arrivant, il a gardé Tigresse du Vivier et moi Quarry Bay.

Quelle est l’histoire de Quarry Bay ?

C’est une jument qui est venue sur le tard. Mon père la toujours estimée mais il disait qu’elle n’avait pas la carrière qu’elle méritait. Elle a eu un problème à un pâturon qui l’a longtemps fait souffrir. Mais une fois guérie, elle a laissé éclater son talent. Quarry Bay est assez facile à monter car elle est froide en course, il ne faut pas la brusquer.

Comment est-elle à quelques jours de l’échéance?

Très bien, elle est bien montée en puissance depuis sa troisième place dans le prix Jules Lemonnier (groupe II, ndlr), le 21 décembre dernier. On l’a baladée en bord de mer dimanche 5 janvier, afin de la changer d’air. Car il faut lui changer d’environnement de temps en temps. Mon père fera ses derniers travaux mais c’est Amélie, sa lad, qui s’en occupe tous les matins.

Avec votre frère, vous allez être tous les deux au départ d’une des courses les plus prestigieuse de l’année. Qu’en dites-vous ?

Chacun va s’occuper de sa course, il sera dans mon champ de vision car il devrait aller devant et moi je vais rester derrière. Il a récemment déclaré que l’on ne se ferait pas de cadeaux ! Je n’irai pas jusque là. Mais une chose est sûre, on va chacun aller au bout de nos chances.

Entre l’édition de l’an dernier et cette année. Est-ce qu’il y a une différence ?

Mon frère et moi avons des chances similaires. C’était moins vrai l’an dernier avec Tigresse du Vivier. Cela a été plus difficile pour lui de savourer ma victoire. Mais, cette année ce sera différent. Nous avons mûri et trouvé un meilleur équilibre.

Comment abordez-vous cette édition 2014 ?

Je ne vous cache pas que j’y pense la nuit ! C’est simple depuis le passage du poteau du Cornulier 2013, je pense à cette édition. J’ai une pression supplémentaire car elle a 10 ans, c’est sa dernière année de compétition. Je sais que cette année aussi on sera attendus à l’arrivée. Je connais ma jument par cœur, on verra bien…

Propos recueillis par Marion Dubois

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