Céline Crouzet, la nouvelle recrue de Laurent Viel

De plus en plus souvent associée aux chevaux de Laurent Viel, Céline Crouzet 33 ans semble prendre un nouveau tournant dans sa carrière. Originaire du Sud-Ouest, c’est  à Cagnes-sur-Mer qu’elle passera l’hiver pour le meeting d’obstacle. Notez son nom, vous risquez d’entendre son accent chantant plus d’une fois au cours de ce meeting. 

A 33 ans, Céline Crouzet va réaliser pour la première fois le meeting de Cagnes-sur-Mer, « je vais débarquer comme un Indien dans la ville », annonce-t-elle. Le ton est donné. La femme jockey n’a ni plume, ni sarbacane mais une longue expérience dans le métier et des journées bien remplies. Céline Crouzet travaillait depuis plus de cinq ans avec son compagnon entraîneur à Senonnes, Anthony Dupont mais avec les aléas des courses, leur nombre de pensionnaires à préparer a diminué. « J’ai dû trouver du travail ailleurs, c’est pourquoi j’ai proposé mes services à Laurent Viel, il y a deux mois. Ma place au sein de l’écurie est bien définie. Je monte à l’entraînement et s’il a besoin de mes services en courses, il fait appel à moi», explique la femme jockey d’obstacle. Les parieurs aguerris auront remarqué que certains chevaux entraînés par Laurent Viel ont la particularité de créer la surprise lorsqu’ils sont montés par une femme. Avant qu’Elise Chayrigues ne raccroche les bottes, elle l’avait prouvé maintes et maintes fois. Céline Crouzet a une explication : « Il faut reconnaître qu’en tant que filles nous avons moins de force physique que les garçons. Avec des chevaux de qualité mais allant, les filles arrivent davantage à leur donner un parcours sans effort car nous ne les contrarions pas dans leur action».

« Guillaume Macaire m’a tout appris »

Avec son accent du sud et son franc parler on la croit sur parole. Comme lorsqu’elle revient sur ses premiers pas dans le milieu. « J’ai commencé par le concours complet, puis à 17 ans j’ai trouvé une place dans un haras à Pompadour avant de réaliser un stage chez Jean-Pierre Totain où j’ai découvert les chevaux de course arabes », se remémore-t-elle. Elle se prend rapidement au jeu de la compétition et obtient sa licence de jockey à 21 ans. « Guillaume Macaire cherchait quelqu’un pour s’occuper de ses chevaux pendant le meeting de Pompadour. J’ai postulé et en 2001 j’ai commencé à travailler pour lui avant d’aller à Royan pendant deux ans. J’ai tout appris chez lui », avoue la jeune femme. Elle ne pèse que 54 kilos mais l’obstacle est une évidence pour elle.

Du premier coup de saut jusqu’à maintenant elle ne vibre que pour cette discipline spectaculaire. « J’adore dresser les poulains sur les obstacles ainsi que les sensations que procure une monte en cross », explique-t-elle. Passionnée est sans doute le mot qui la définit le mieux. « On a la chance de faire un métier de passion contrairement à ceux qui vont à l’usine le matin. Nous, on est heureux de se lever pour aller travailler malgré les aléas du métier », rapporte Céline. D’ailleurs, les journées à rallonge, elle connaît. Avant d’embaucher chez Laurent Viel, le matin, elle sort un lot pour son compagnon vers 5h puis enchaîne sur sa matinée de travail, et au besoin elle saute des chevaux en début d’après-midi pour Anthony Dupont. Sa façon de vivre fait écho à son adage préféré : « Dans la vie, le facteur chance n’existe pas. Il faut seulement travailler ».

De nouveaux objectifs

A force de détermination, Céline Crouzet fait encore partie des rares femmes dans les pelotons de courses d’obstacles. Avec l’expérience, celle qui se définit comme « cash » pense avoir passé un nouveau palier cette année. « Avant on me faisait souvent la remarque de ne pas garder ma place dans un parcours. Je le comprenais mais ne l’appliquais pas. J’en prends conscience que cette année, mieux vaut tard que jamais !« , reconnaît-elle. Ses objectifs ont désormais changé avec la maturité : « Je veux être régulière, ne plus faire des apparitions puis me faire oublier ». Avec 27 gagnants au compteur, dont cinq cette année, Céline conclut avec humour et en rêvant : « Pourquoi je ne pourrais pas être cravache d’or à 35 ans…?« .

Marion Dubois

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :