Haya Landa, celle que l’on n’attend pas

Haya Landa s'élancera, dimanche, dans le prix de l'Arc de Triomphe.

Haya Landa s’élancera, dimanche, dans le prix de l’Arc de Triomphe.

Haya Landa retente sa chance cette année dans le Prix de l’Arc de Triomphe. On ne l’attendait pas au départ l’an dernier. Elle conclut 4è de l’édition 2012. On ne l’attendait plus être au départ le 6 octobre, en raison d’un grand nombre de partants. Et pourtant, elle le sera. Heureusement, Haya Landa n’a pas été éliminée et va peut-être pouvoir surprendre de nouveau ses nombreux supporters. Sa propriétaire, Odette Fau chef d’un restaurant parisien vit un rêve de gamine. 

 «Haya Landa n’a jamais eu la chance à la hauteur de sa qualité», annonce d’entrée Odette Fau sa propriétaire. Pourtant lorsque les stalles se sont ouvertes sur les 2400 mètres du parcours de l’Arc de Triomphe 2012, très peu avaient parié sur les chances de voir Haya  Landa figurer dans les cinq premiers. A 133/1, elle termine 4ème. Il s’agit de la plus belle place de sa carrière avec sa 4ème place dans le prix de Diane en 2011. «Haya Landa a battu les meilleurs tels Romantica, Pomme d’Amour, Dunaden… Mais a chaque fois dans les parcours elle a manqué de chance pour faire la différence», explique sa propriétaire-éleveuse.

Odette Fau a toujours rêvé d’être propriétaire de chevaux. Originaire de l’Aveyron, lorsqu’elle voyait passer sous ses fenêtres les deux montures des voisins châtelain, elle ne manquait pas de s’imaginer propriétaire. «Mes parents n’étaient pas très riches, nous étions neuf à la maison mais j’ai toujours eu cette envie d’avoir mes chevaux», confie Odette Fau. Son mari, Georges complète : «Elle disait même que son berceau avait dû rouler du château vers la maison des voisins et c’est pour cette raison qu’elle vivait dans cette petite maison et non avec les châtelains…!». Quand, à 20 ans, elle a les moyens de réaliser son rêve elle ne s’en prive pas. «J’ai commencé à travailler vers 14-15 ans comme vendeuse à domicile, puis j’ai tenu une librairie. J’ai pu alors mettre un peu d’argent de côté», explique-t-elle. Mais c’est par l’intermédiaire d’un ami Libannais qu’elle découvre les courses hippiques. «Je n’y connaissais rien, surtout que dans l’Aveyron cela n’existait pas», raconte Odette Fau. Elle devient propriétaire d’Haya Samma qui se blessera à l’entraînement.

«Nous sommes fidèles à notre entourage hippique»

 Mais l’Aveyronnaise s’étant attachée à la jument, elle décide d’en faire une poulinière. Son deuxième produit est Haya Landa. «La pouliche est arrivée à l’entraînement chez Sylvie Audon en octobre 2010 et deux mois plus tard, l’entraîneur nous informait qu’elle comptait l’engager dans le prix de Diane car elle montrait de sérieux moyens le matin», explique la propriétaire. Puis vers le mois de février l’entraîneur commence à douter, mais Odette Fau la convainc de continuer. Si l’entraîneur y a cru une fois alors il ne faut pas abandonner l’idée. «Sylvie Audon et son mari sont devenus des amis. Nous savons faire la part des choses entre notre relation amicale et celle liée aux courses. Avec Georges nous sommes toujours restés fidèles à notre entourage hippique. Certains disent que laisser Haya Landa chez un entraîneur qui n’est pas “classique“ l’a pénalise mais c’est ainsi. Nous sommes fidèles. Certes elle n’a pas de leader à sa hauteur mais elle arrive à faire plaisir à tout le monde», révèle la propriétaire. Au début, le couple était novice dans la discipline. Georges reconnaît : «Dans les premiers temps nous avons sans doute été mal conseillés mais qu’importe aujourd’hui nous vivons une belle aventure avec Haya Landa».

 La surprise de l’édition 2012

 Lors de leur participation dans le prix de l’Arc de Triomphe l’année dernière, ils ont dû essuyer quelques moqueries avant la course. «Gérald Mossé n’avait pas hésiter à railler amicalement Franck Blondel, le jockey d’Haya en lui disant on prendra des jumelles pour te voir derrière nous. Au final, c’est lui qui s’est retrouvé derrière nous !», savoure Odette Fau. De même, lorsqu’ils ont vu Haya Landa débouler dans la ligne droite pleine de ressources, leur loge dans les tribunes a tremblé. «Nous étions juste à côté de celle de l’Aga Khan. Ils étaient quatre et nous vingt. Nous avons fait un souk pour l’encourager !», se remémore Odette. Après cette belle performance, Odette Fau est devenue Madame Haya Landa aux yeux de nombreux étrangers présents. «Des anglais sont venus me demander un fer de la jument. Ils la suivent Outre-Manche», confirme-t-elle. Après avoir côtoyé de grands pilotes de Formule 1 tels Alain Prost, Jean Alesi ou René Arnoux alors qu’Odette gérait un musée automobile porte de Pantin, à Paris. C’est désormais d’autres grands pilotes qu’elle fréquente nommé Dettori, Thulliez ou encore Franck Blondel qui retrouvera sa jument le Jour J, après lui avoir été associé dans l’Arc 2012.

Une façon particulière de vivre la course

 Cette année, le 6 octobre, Odette ne va pas changer ses plans. «Comme l’an passé, nous travaillerons dans notre restaurant la veille au soir, le matin je reviendrai en cuisine préparer des plats puis nous irons à Longchamp», explique-t-elle. Pour le clan d’Haya Landa, il est hors de question d’aller manger au repas conventionnel prévu pour les propriétaires qui ont un partant dans l’Arc. «Nous faisons un grand pique-nique au pied du moulin de l’hippodrome. Nous sommes entourés de nos amis et des supporters de la jument. Soit une trentaine, sans compter les gourmands qui se greffent à notre pique-nique !», constate la chef.

Car Odette Fau n’est pas seulement une passionnée de course hippique, elle est aussi chef cuisinière. Avec Georges, ils tiennent un petit restaurant pittoresque à quelques pas de Notre-Dame-de-Paris, sur l’Île de la Cité, à Paris. Après avoir tenu une librairie, géré un Castorama, dirigé un musée de voitures à Pantin, Odette Fau est depuis 20 ans restauratrice. Sa cuisine est reconnue dans le monte entier «pourtant on ne m’a jamais enseigné la gastronomie», et le lieu vaut le détour «c’est la plus vieille bâtisse de l’île», complète Georges. Pour le couple, les courses hippiques sont une soupape de sécurité qui leur permet de faire le vide entre deux services. Le dimanche 6 octobre, ils feront une exception à la règle. Ils fermeront les portes de leur restaurant pour aller admirer Haya Landa. Elle leur a certes parfois laissé un goût amer. Mais cette fois elle pourra peut-être leur procurer le goût unique : celui de la victoire.

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One response to this post.

  1. Posted by Honore on 5 octobre 2013 at 3 h 25 min

    super article comme tous les autres! une tres grandes plumes a venir dans un futur proche

    Réponse

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