L’histoire d’Una Notte Galante : la trotteuse des galopeurs

Derrière cette trotteuse de 5 ans se cachent plusieurs histoires entre copains galopeurs. La dernière en date est sa victoire dans l’épreuve support du quinté à Vincennes, vendredi soir 20 septembre. Retour sur son parcours aux allures parfois irrégulières mais constamment source de plaisirs.

10 copains, une jument et des premières à la pelle. La petite trotteuse a offert la première victoire en tant qu’entraîneur à Yoann Renard, le premier quinté à Pierre-Edouard Mary en tant que driver mais aussi en tant qu’entraîneur et à David Cottin en tant que propriétaire. Le jockey d’obstacle n’est pas le seul propriétaire d’Una Notte Galante. Avec lui dans l’aventure d’autres copains issus du galop l’ont suivi. A l’image de Laëtitia Denuault (cavalière), Bruno Hardou (cavalier d’entraînement), Wilfrid Denuault (jockey), Ludovic Gadbin (assistant entraîneur d’Henri-Alex Pantall), Sylvain Martin (créateur de l’Ecurie Seconde Chance), François Monfort (assistant entraîneur) ou encore Fred Quintin un passionné de course. Aucun d’entre eux n’a hésité quand Yoann Renard, alors jeune entraîneur, leur a proposé d’acheter en copropriété Una Notte Galante. «J’avais gagné une course au trot monté avec sa mère Nuit Galante. Lorsque son propriétaire a décidé de la mettre poulinière je lui ai proposé d’acheter une part du poulain, il s’agissait d’Una. Nous sommes quatre co-éleveurs Roger Sabin, Gilbert Bertrand, Gérard Cochet et moi. Puis elle a rejoint mon écurie pour l’entraînement», explique Yoann Renard.

Très vite, il décèle le potentiel de la jument. «J’avais une option d’achat donc, j’ai proposé à plusieurs amis d’acheter 5% chacun, des 50% restant», explique méthodiquement le jeune entraîneur. Pour sa première course, à Lisieux, elle se met à la faute. «Elle a son caractère, depuis ses débuts elle est irrégulière et se met souvent à la faute», confie Laëtitia Denuault. Elle ajoute : «Avec elle on ne respire qu’une fois le poteau passé et encore… Deux fois nous avions gagné et pris la photo, quand on nous a annoncé qu’elle était finalement disqualifiée !». Qu’importe ce qu’ils veulent tous c’est partager ce moment entre amis. «C’est une aventure extraordinaire. On vit ses courses tous ensemble puis nous faisons la fête entre nous !», plaisante Fred Quintin. Encore faut-il être libre pour assister aux sorties d’Una Notte Galante. «Souvent c’est le dimanche, alors je monte en obstacle. Et puis une période elle se mettait systématiquement à la faute donc j’ai arrêté d’aller la voir, je pensais être le chat noir !», raconte Wilfrid Denuault, jockey d’Etienne Leenders et un brin superstitieux.

«Comme Phillipe Allaire avec Ready Cash»

Mais vendredi dernier, ils étaient tous réunis pour la voir s’illustrer sur la cendrée de Vincennes. «Quand elle a passé la poteau en tête, j’ai ressenti les même sensations que quand je gagne moi-même une course en obstacle», révèle Wilfrid Denuault. Pour Pierre-Edouard Mary c’était aussi un moment fort en émotion. Installé depuis le mois de mai à Grez-en-Bouère, le Mayennais de 27 ans entraîne neuf chevaux. Il a accueilli dans ses boxes Una Notte Galante au mois de juillet. «J’ai décidé de la confier à Pierre-Edouard Mary qui est un copain d’enfance plutôt que de la vendre», confie Yoann Renard le premier entraîneur de la jument. Parfois un entraîneur n’a plus le «feeling» avec un cheval. Au lieu de persister et de s’obstiner, Yoann Renard a intelligemment pensé aux copains et ravalé sa fierté. «Quand il m’a proposé de la prendre à l’entraînement je n’ai pas hésité. Yoann est un ami, je savais que la jument avait de la qualité et qu’autour d’elle régnait une grande convivialité. Faire ce qu’il a fait, peu de professionnels en sont capables. Il a eu la même réaction que Philippe Allaire avec Ready Cash qui a pensé au bien-être du cheval avant tout», avoue Pierre-Edouard Mary.

Ce dernier a accueilli la jument sans connaître son comportement à l’entraînement, ou ses détails de ferrure, ou d’harnachement. Le changement d’environnement et la nouvelle méthode semblent porter ses fruits. «Vendredi à Vincennes, j’arrivais confiant. C’était la course visée depuis un mois, elle restait sur une faute aux Sables d’Olonnes mais son comportement ne m’avait pas déplu. Je savais qu’elle n’avait plus qu’à faire parler la classe…», explique son entraîneur. Et quelle classe. Elle enregistre son meilleur chrono. En 1’15“7, elle boucle les 2850 mètres du parcours. Ses heureux propriétaires auront, eux, mis plus de temps à refaire la course.

Et l’aventure continue…

La jument a bien récupéré de sa dernière course. Elle n’a pas perdu trop de poids. Elle doit revenir en piste à Rambouillet le 6 octobre et le 27 à Nantes. Elle sera très attendue le 15 novembre à Vincennes, dans le prix Calliope réservée aux juments de 5 ans et plus, sur la distance de 2850 mètres. Distance sur laquelle elle vient de s’imposer. 

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