Baptiste Letourneux : « Je ne veux pas que mon écurie devienne une usine »

Ancien jockey d’obstacle, Baptiste Letourneux est désormais un jeune entraîneur installé à Senonnes. Très discret, les résultats de son écurie commencent à parler pour lui. 

Il est devenu jockey grâce à un vendeur de magasin ambulant. Originaire de Vendôme dans le Loir-et-Cher, Baptiste Letourneux, 35 ans aime les chevaux depuis son enfance. « Mes parents en avaient chez eux. Dès que l’école était terminée, j’allais les monter, le soir », se remémore-t-il. Lorsque le traditionnel camion ambulant d’outillages débarque dans le quartier, Baptiste discute avec l’un des vendeurs de sa passion pour les chevaux. « Tu devrais essayer d’entrer à l’école des jockeys, à l’Afasec, à Maisons-Laffite », lui lance le vendeur ambulant, qui n’est autre qu’un ancien jockey. A 14 ans, le jeune homme suit son conseil et passe avec brio les deux stages d’entrée à l’école. « J’ai de suite intégré l’écurie de Georges Sandor, car je savais déjà monter à cheval », explique-t-il. A la fin de ses quatre ans d’apprentissage, il obtient son CAP, et débute en course. « J’ai très vite abandonné le plat pour me consacrer à l’obstacle, où je trouvais les sensations bien meilleures », avoue Baptiste.

Il entre alors au service de Thierry Civel, où il passera 4 ans : « C’était une bonne expérience car j’ai monté à travers toute la France, et j’ai aussi eu le temps d’observer l’entraînement des chevaux à ses côtés. » En 2000, il décide de rejoindre le centre d’entraînement de Senonnes-Pouancé, « mais j’ai commencé à gagner de moins en moins de courses. Je suis un gagneur, alors être associé à des secondes chances me lassait », confie-t-il. Il lui manquera deux victoires pour atteindre les cent, avant de raccrocher les bottes.

« Peur de couler la boîte »

« J’ai débuté une nouvelle expérience. Je suis entré au service d’Alban Chevallier du Fau, en tant que premier garçon», raconte le jeune entraîneur. Mais très vite, il souhaite s’installer à son compte. Malheureusement, il loupe à deux reprises sa licence d’entraîneur. « Avec du recul, je suis content d’avoir mis du temps à l’obtenir  car cela m’a permis de faire la différence entre les chevaux tardifs et ceux moins bons ». Durant cette période, il réalise du pré-entraînement pour les entraîneurs du centre, qu’il partage à Senonnes. « Grâce à Eric Leray, qui m’a confié beaucoup de chevaux au pré-entraînement, j’ai eu le temps d’améliorer mon discernement sur la qualité de mes pensionnaires », reconnaît aisément Baptiste.

Installé en tant qu’entraîneur depuis 4 ans, Baptiste Letourneux tire un bilan positif de ses premières années d’installation. « Je savais que cela n’allait pas être facile, mais à force de travail je pense réussir progressivement», admet timidement l’entraîneur. Or, les bons résultats qui s’améliorent d’année en année, sont là pour lui donner raison. L’écurie Letourneux compte déjà 14 victoires, sans parler des nombreuses places. D’ailleurs, les propriétaires ne s’y trompent pas. Les demandes se multiplient, Baptiste a même dû changer d’écurie. 2013 marque un tournant pour lui. « Depuis le 1er janvier, j’ai trois salariés, dont deux jockeys, car j’ai environ 20 chevaux. Ma bonne équipe contribue à la réussite de l’écurie », admet-il. Pourtant, quand il a fallu prendre la décision d’augmenter le nombre de pensionnaires dans son effectif, et embaucher, le jeune entraîneur a réfléchi prudemment.

De nature stressée, il doit faire face à une angoisse le tenaillant : « la peur de couler la boîte ». Il poursuit : « Je ne veux devoir de l’argent à personne donc je préfère rester petit pour m’éviter trop de soucis ». 20 chevaux, c’est l’effectif maximum qu’il compte avoir, afin de tenir loin l’équation : plus de chevaux, plus de salariés, plus de soucis. « Je veux toujours connaître mes chevaux en les montant de temps à autre, pour mieux les ressentir, et les engager à bon escient. Il est hors de question que mon écurie devienne une usine, cela serait désagréable pour mes propriétaires, mes salariés et mes chevaux», explique-t-il. Baptiste se définit sans prétention, comme travailleur et se dit prêt à redevenir salarié s’il le fallait. Le jeune entraîneur veut une chose : réussir, en durant le plus longtemps possible. Et, pour cela, « je n’ai pas besoin d’être millionnaire », conclut-il encore une fois humblement.

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