Nicolas Blondeau, dresseur de chevaux

Nicolas Blondeau est installé à Saumur.

Nicolas Blondeau est installé à Saumur.

A l’américaine, Nicolas Blondeau serait un chuchoteur. Mais, à Saumur, où il exerce il se nomme dresseur de chevaux. Les meilleurs sont les plus capricieux, il faut parfois leur redonner confiance en l’homme. Goldikova ou plus récemment Dalwari sont passés sous la baguette de noisetier de Nicolas Blondeau. Rencontre.

Les meilleurs chevaux sont des stars capricieuses. Nicolas Blondeau, les fait céder à leur caprice avec patience et maîtrise. Depuis 2005, on parle même de la méthode Blondeau. Mais en quoi consiste-telle? « Au lieu de contraindre je vais essayer d’expliquer au cheval ce que l’on attend de lui, et ce dans un climat de confiance mutuelle », résume Nicolas Blondeau. Il précise : « je n’ai fait que retrouver une méthode ancestrale et la coucher sur le papier. Débourrer des chevaux en créant une proximité entre l’homme et le cheval était naturel à l’époque. On semblait l’avoir oublié… »Installé depuis 2005, à Saumur, cet ancien cavalier de concours et gentleman-rider y a créé son écurie. Depuis cette période, il développe sa méthode en débourrant et en redonnant confiance à des chevaux de sport, et de course.

 Une méthode codifiée

« On dresse un cheval comme on éduque un enfant, d ‘ailleurs la bouche d’un cheval on l’a prend comme une main d’enfant », confie Nicolas Blondeau. Lorsque des chevaux se montrent compliqués, récalcitrant au travail, ou bien qu’ils ne veulent plus entrer dans les boites de départ, le dresseur de chevaux passe à l’action. En restant seul avec le cheval, il le manipule d’abord au box, en alternant un état de soumission et de décontraction chez l’animal. « En main et toujours à proximité du cheval », précise-t-il. Grâce à ces procédés, il entre en contact avec la bouche de l’animal. « Comme un yoyo, je développe le contact main-bouche. Il faut que le cavalier puisse avoir le frein et l’accélérateur dans sa main, rien que par la bouche de sa monture », avance le dresseur. La voix sert également à rassurer le cheval « car pour qu’il aille de l’avant il doit être décontracté ». Nicolas Blondeau se sert également d’une baguette magique. Ou plutôt celle en noisetier, qui n’a rien de féérique, mais est efficace. « Elle actionne le principe de la marche en avant, c’est un peu le prolongement de ma main. Elle me sert à indiquer, à caresser et exceptionnellement à sanctionner », précise-t-il.

Justement, la genèse de la méthode Blondeau réside dans le soin de débourrer un poulain de la façon la moins traumatisante possible. « Le cheval est un herbivore, il ne veut qu’une chose : qu’on le laisse tranquille… », remarque le dresseur. Il faut alors trouver un moyen de lui donner envie d’aller de l’avant sans le heurter. Le problème réside souvent là. Certains chevaux, les meilleurs en général, sont très caractériels. « Les cracks sont exigeants, ils ne supportent pas les erreurs », constate Nicolas Blondeau. Or, un cheval n’oublie rien. Il grave dans sa mémoire des moments qui l’on marqué. « Si les chevaux ne sont pas contrariés, ils peuvent sortir de l’autorité. D’ailleurs, la flagornerie est à bannir dans l’éducation d’un poulain. « Pour dresser un cheval, il faut le contrarier afin de lui rappeler où sont ses limites. Il est nécessaire de s’assurer que l’on est bien le référent de l’animal, sans aucune appréhension du cavalier et de sa monture », détaille-t-il.

Parfois, il faut reprendre des chevaux traumatisés dans un instant de leur quotidien. Comme le passage aux boîtes. A l’instar de Saraline, ou Goldikova à qui ce blocage est arrivé du jour au lendemain. Il faut tout reprendre à zéro. La méthode est codifiée. La première phase dure environ une heure, et se traduit par une mise en confiance avec des manipulations au box. Puis, le cheval va monter et descendre d’un van afin d’avoir confiance en l’homme qui le guide. « Le cheval a conscience que l’homme peut le trahir », avoue Nicolas Blondeau. L’animal fait alors tout à côté de l’homme. Puis la troisième phase intervient auprès des boites de départ, où le cheval rentre dans les stalles, puis en ressort en marche arrière, sans cavalier sur le dos. Encore une fois, le but est de lui redonner confiance. « Il ne faut pas exploiter son instinct de fuite ».

Entre 3 et 10 jours sont nécessaires afin qu’un cheval retrouve ses bonnes habitudes. L’échec? Nicolas Blondeau le connaît « car il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne le connaissent pas », rétorque-t-il. Mais il l’évalue pour sa méthode à 3%. Bien souvent il s’agit de chevaux qui souffrent, ce qui les conduit à avoir un comportement déviant. « Dans 80% des cas, les chevaux compliqués souffrent de douleurs physiques. Alors la méthode n’atteint pas les effets recherchés », se justifie le dresseur. Mais il reste 97% de la plus belle conquête de l’homme qui arrivent à lui faire confiance. « Et une fois acquise, c’est pour tout le temps. C’est d’ailleurs la marque d’un dressage réussi. Lorsque la confiance instaurée dure dans la temps », conclu Nicolas Blondeau. Cela sonne la fin des caprices.

 

L'épreuve du van est un passage obligé pour donner ou redonner confiance au cheval.

L’épreuve du van est un passage obligé pour donner ou redonner confiance au cheval.

 

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